Agir en cas de fuites urinaires !

Avoir un périnée en bonne santé, c’est une condition sine qua non pour ne pas avoir de fuites urinaires. Mais tout d’abord, rappelons ce qu’est le périnée. Il s’agit d’un ensemble de muscles et de ligaments situés en bas de l’abdomen et qui forment un plancher pour les organes pelviens (rectum, vessie, vagin, utérus). De par sa position, il subit de nombreuses contraintes : le poids des viscères, le poids du bébé en cas de grossesse, les à-coups (sauts, course…), les contractions des abdominaux…

Le périnée joue un rôle essentiel dans la continence urinaire (fait de pouvoir retenir ses urines naturellement). En effet, celle-ci repose sur un fragile équilibre des pressions : d’un côté la pression de la vessie, qui augmente lorsque l’envie d’uriner se fait sentir, et de l’autre celle du sphincter urinaire et des muscles du périnée. Lorsque tout fonctionne bien, le périnée est programmé pour se contracter et résister à la pression de la vessie, il joue en quelque sorte le rôle d’un « verrou ». Mais lorsque les muscles sont affaiblis, le périnée n’est plus en mesure de contrebalancer les excès de pression : c’est à ce moment que peuvent survenir les fuites urinaires. On parle alors d’ « incontinence urinaire d’effort » : les fuites peuvent être déclenchées en toussant, en riant, en éternuant, en marchant ou encore en portant une charge lourde.

Les situations à risque

Il existe des situations à risque pour le périnée : la grossesse, l’accouchement et la ménopause. Saviez-vous que près d’une femme enceinte sur 3 souffre de fuites urinaires ? En effet, c’est souvent au cours d’une grossesse, où le périnée est particulièrement sollicité, qu’apparaissent les premiers symptômes de l’incontinence. L’accouchement, surtout par les voies naturelles, est lui aussi traumatisant pour le périnée. Enfin, à la ménopause les muscles du périnée vont s’affaiblir, ce qui augmente le risque d’incontinence.

Pour ces raisons, il est essentiel de prendre soin de son périnée, en le protégeant et en le musclant…

Comment protéger son périnée dans la vie de tous les jours ?

Pour préserver le tonus de votre périnée, voici quelques conseils :

- Choisissez plutôt les sports qui préservent le périnée : il est conseillé d’éviter les sports les plus « traumatisants », c’est-à-dire ceux qui comprennent des sauts, des courses ou des lancers (gymnastique, basket, volley, handball, footing, arts martiaux…). La marche, la natation, le vélo, le golf sont beaucoup plus doux pour votre corps !

- Protégez votre périnée lors de la pratique sportive : pour vous baisser, évitez d’arrondir le dos, mais pensez à plier les genoux et à descendre le dos bien droit. Evitez également de bloquer votre souffle ou de gonfler votre ventre lors d’un effort.

- Faites des « bons » abdominaux : pour muscler votre sangle abdominale tout en préservant votre périnée, il faut garder quelques éléments en tête. Tout d’abord, penser à bien verrouiller le périnée (c’est-à-dire contracter les muscles) pendant les séances et plier les genoux sans gonfler le ventre. En effet, l’objectif est de creuser le ventre, pour protéger le périnée et le dos.

- Apprenez les bons réflexes aux toilettes : ne pas se retenir trop longtemps ni trop souvent, prendre son temps et ne pas pousser lors de la miction.

- Consultez régulièrement votre gynécologue : une fois par an, il pourra vérifier, entre autres, le tonus de votre périnée.

Comment muscler le périnée ?

Des séances de rééducation peuvent être proposées, que ce soit après un accouchement ou si vous souffrez de fuites urinaires liées à une faiblesse du périnée (incontinence d’effort). Ces séances de rééducation ont pour objectif de soulager les douleurs et de renforcer les muscles du périnée afin d’éviter les fuites urinaires. Elles consistent en :

- Une écoute et un dialogue : vous pourrez exprimer vos plaintes, faire part de vos douleurs, de vos fuites éventuelles à votre praticien,  

- Un examen clinique : le praticien examine votre abdomen et votre périnée,

 

- La rééducation : si votre périnée a besoin d’être pris en charge, on vous expliquera les tenants et les aboutissants de la rééducation périnéale. Il s’agit en général de séances de musculation du périnée : le thérapeute vous demande de contracter de façon volontaire et répétée votre périnée, en variant l’intensité de la contraction et le nombre de répétitions.

Des exercices à faire régulièrement

Ces séances de rééducation périnéale peuvent être un bon moyen pour adopter de nouvelles habitudes et garder un périnée tonique. Votre thérapeute vous expliquera comment les exercices montrés en cabinet peuvent être ensuite réalisés à la maison. Il est en effet possible d’entretenir son périnée en le contractant régulièrement. Il s’agit par exemple de faire des contractions en série (par exemple, 5 contractions à la suite) ou de réaliser une contraction maintenue le plus longtemps possible. Ces exercices peuvent être faits en toute discrétion : à la maison, dans les transports en commun, au bureau… Pensez-y !

Agir en cas de fuites !

Entretenir son périnée doit être un réflexe ! Quoiqu’il arrive, si des fuites surviennent, elles ne doivent pas altérer votre quotidien. N’hésitez pas à en parler avec votre médecin et à porter des protections adaptées.  Des solutions existent pour traiter l’incontinence et pour dissimuler les éventuelles fuites.



Sources bibliographiques:

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