Les fuites urinaires sont trois fois plus fréquentes chez les sportives que chez les femmes non sportives… Pourquoi ? En fait, tout est affaire de pression. Lors d’une activité physique, la pression dans l’abdomen est plus élevée, en particulier s’il y a des sauts, des courses ou des chocs. Cette surpression pèse sur le périnée… surtout chez les sportives ! En effet, un corps musclé est souvent synonyme d’une bonne sangle abdominale, or des « abdos » puissants augmentent la pression sur le périnée. A terme, cet excès de pression crée un déséquilibre entre, d’un côté, une sangle abdominale trop puissante et, de l’autre, un plancher pelvien insuffisamment musclé. Celui-ci ne peut alors plus jouer son rôle de verrou correctement : des fuites urinaires peuvent apparaître lors d’une toux, d’un éternuement ou d’un effort physique.

Des sports à risque

Tous les sports n’ont pas le même impact sur le périnée. Les risques de fuites oscillent ainsi en fonction du sport pratiqué, allant par exemple de 0% pour le golf à 80% pour le trampoline.

  • Sports à risque majoré : trampoline, gymnastique acrobatique, aérobic intensif, athlétisme (sauts de haies, en hauteur, triple saut), équitation, basket, volley, handball, course à pied, sports de combat ;
  • Sports à risque modéré : tennis, ski ;
  • Sports conseillés : marche, natation, vélo, roller, golf.

Que faire en cas de fuites ?

Bien souvent les fuites urinaires sont une source de découragement et on a tendance à diminuer la fréquence des séances d’entraînement, voire à arrêter l’activité en question. Ne vous démotivez pas : le sport est toujours bénéfique à la fois pour le corps et le mental. Il ne faut pas arrêter de pratiquer une activité physique, mais consulter un médecin (ou profiter de la consultation annuelle d’aptitude au sport) car les fuites urinaires ne sont pas une fatalité. Bien souvent, le sport ne crée pas la fuite, il la révèle. Votre médecin pourra vous conseiller de modifier votre pratique sportive ou de suivre un programme de rééducation périnéale.

La rééducation du périnée

Un programme de rééducation a pour objectif de muscler le périnée pour qu’il puisse jouer le rôle d’un véritable verrou et qu’il ne laisse plus passer les fuites ! Votre praticien ou votre kinésithérapeute pourra vous conseiller un programme d’auto-rééducation à faire à la maison, dans les transports ou au bureau. Il s’agit par exemple de contracter le périnée pendant 6 à 8 secondes plusieurs fois de suite dans la journée. C’est une question d’habitude à prendre, une routine à intégrer dans le quotidien : effectués pendant quelques mois, ces programmes sont réputés efficaces pour prévenir les fuites urinaires. Des protections adaptées à la pratique sportive

Les bienfaits du sport sont indéniables. Si vous avez des fuites urinaires au cours d’une activité physique, votre médecin peut vous aider et vous orienter : il existe des solutions adaptées à la sévérité de vos fuites.

Des protections urinaires adaptées à la pratique sportive

N’hésitez pas à porter des protections adaptées à la pratique du sport.  Elles sont spécifiquement conçues pour s’ajuster à votre corps et suivre vos mouvements pour une activité en toute confiance et sans fuites visibles !

Sources bibliographiques :

  • « L’incontinence urinaire en questions » du Pr François Haab, Pr Gérard Aramenco, Alain Bourcier. DaTeBe Editions, 2004.
  • Lousquy R et al. Incontinence urinaire chez la femme sportive. Gynécologie Obstétrique & Fertilité, 2014 ; 42 : 597-603.
  • Aoki Y et al. Urinary incontinence in women. Nat Rev Dis Primers. 2017 ; 3 : 17097.
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